FARM FORUM LE BLOG

Actualités

Évènement

22/07/2025

SE DIVERSIFIER ? ENTRE PRISE DE RISQUE ET PLUS-VALUE 

Producteurs de maïs semence et de kiwis de plein champ, l’exploitation familiale Boué poursuit sa diversification avec prochainement la production sous serre de kiwis rouges, d’avocats et d’agrumes. Malgré le travail que ces productions représentent, ils restent friands de nouvelles aventures

En 1996, Vincent Boué s’installe avec son frère Stéphane sur l’exploitation familiale de Bournos dans les Pyrénées- Atlantiques. Ensemble, ils investissent dans l’achat d’une exploitation située à Arx dans Les Landes. « Le type de sol et le potentiel sont complètement différents, explique Vincent. La zone de coteaux de Bournos est argilo-limoneuse avec présence de cailloux. À Arx, les sables noirs, à faible réserve hydrique, permettent en les irriguant correctement, de produire du maïs grain avec un rendement supérieur de 40 à 50 % par rapport à Bournos. 100 km séparent les deux sites, mais le déplacement en vaut la chandelle ». 

170 ha de maïs semence 

Sur une surface totale de 220 ha, ils cultivent principalement des productions céréalières avec une spécialité de maïs semence (160 ha). « Notre climat est adapté pour cette production. Si économiquement, elle offre une plus-value intéressante, elle nécessite en revanche beaucoup de travail et des investissements spécifiques », indique Vincent. Pour ce faire, les frères Boué travaillent avec deux salariés qui naviguent entre les deux exploitations.

L’été, ils embauchent des saisonniers pour castrer le maïs. Malgré la mécanisation, deux à trois passages manuels restent indispensables. La récolte se fait toujours en épis avec un matériel particulier, en l’occurrence un automoteur Bourgoin. « Cette marque détient le monopole pour ce type de machines. Tous les ans, avec les surfaces que nous réalisons en prestation, nous récoltons 750 ha de maïs semence et trions 400 à 500 ha. Nous sommes équipés d’une station de triage avec une effeuilleuse spéciale A&K et d’un trieur optique. Une dizaine de saisonniers finalise le tri des épis conservés ensuite dans un bâtiment de stockage à plat, ventilé à froid. » 

Des investissements en double 

La famille Boué renouvelle ses tracteurs tous les quatre à cinq ans. Chacun effectue 300 à 400 heures de travail par an. Elle a toujours investi dans la marque Case IH et travaille avec la même concession, y compris pour le matériel dédié au site des Landes. « Nous avons essayé d’autres marques et demandé des devis auprès de la concurrence. Les propositions Case IH nous offrent le meilleur compromis », convient Vincent. Il y a quatre ans, les frères Boué ont investi dans deux Puma neufs CVX, 200 et 165 ch. L’an dernier, ils ont acheté deux Maxxum CVX de 150 ch. Les investissements sont doubles, chaque site détient son propre matériel. 

Malgré ses 12 000 heures au compteur, le vieux Maxxum 5140 de 1992 conserve sa place dans le parc matériel. « Il est le seul à ne pas être équipé d’autoguidage RTK, indique Vincent avec humour. Toutefois, il est équipé d’une cabine, de la radio et de la clim. Un vrai luxe pour l’époque ». Jusqu’ici, le 5140 servait pour le pulvérisateur. Aujourd’hui, son gabarit, sa hauteur et sa puissance de 110 ch sont bien adaptés pour réaliser des travaux dans les 2 500 m² de serres récemment montées afin de permettre l’installation de la fille de Vincent avec la production de kiwis rouges.

Pour se diversifier davantage, elle prévoit un hectare supplémentaire de serre dans le but d’y cultiver d’autres kiwis rouges, des avocats et des agrumes. Les investissements sont considérables, 800 000 euros (structure et plant compris) mais en partie sécurisés par une structure de production d’énergie verte dont l’ombrage est nécessaire à la production de kiwis rouges. Quatre ans auparavant, deux ha de kiwis rouges ont été plantés sur le site de Bournos, en plein champ. « Ces productions représentent un type d’agriculture différent avec d’autres pratiques, souligne Vincent. Une nouvelle aventure, en quelque sorte, mais aussi le souhait de mettre en place une exploitation agricole durable dans nos zones de coteaux. »