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12/06/2026

VISER LA QUALITÉ PREMIUM POUR RENTABILISER L’OUTIL

SeCoPPA, séchoir à luzerne

Opérationnel depuis la campagne 2025, le SeCoPPA : « Séchoir Collectif Plaine – Pays d’Auge » situé à Olendon dans le Calvados, offre aux agriculteurs une opportunité de valoriser leur luzerne et aux éleveurs un fourrage local de haute qualité.

Dans le pays d’Auge, les éleveurs visent l’autonomie protéique. Sur ce terroir, la luzerne ne peut être cultivée contrairement à la plaine voisine. « Pour pallier cette problématique, notre Cuma a réfléchi à un système d’échange luzerne – fumier », explique Vincent Barbot, président du SeCoPPA et membre de la Cuma de Normandie. Et de poursuivre : « Avec une exigence : produire un foin de qualité premium ». La solution retenue : la construction d’un séchoir à basse température garant d’une excellente conservation des valeurs nutritionnelles, notamment des omégas 3 et 6 de la luzerne.

1 400 tonnes de luzerne stockée par an

L’air chaud sous la toiture du séchoir est capté grâce à un dispositif aéraulique puis dirigé vers la matière à sécher. Ce procédé augmente la température intérieure du bâtiment de 13 à 15 degrés par rapport à l’air extérieur, et réduit de moitié l’humidité ambiante.
Le séchoir a été dimensionné pour 1 400 tonnes de luzerne par an, seuil de rentabilité du projet. « Toutes les semaines, de mai à septembre, nous fauchons 20 hectares de luzerne, à raison d’une coupe toutes les cinq à six semaines et toujours avant le bourgeonnement. À ce stade, le taux de protéines est optimum et répond à notre exigence de produire un foin de qualité premium », explique Vincent Barbot.
Cinq cases sont dédiées au séchage de la luzerne qui dure une à deux semaines selon la météo. Le fourrage est ensuite conditionné en pellets (80 % de la demande) ou en ballots. « Nous avons investi un million d’euros dans l’achat d’une unité de granulation, précise Vincent Barbot. Surdimensionnée, elle peut aussi produire des pellets de bois. Pour la mise en ballots de la luzerne, nous faisons appel à la Cuma départementale de l’Orne ».

De multiples bénéfices

En plus de sécher de la luzerne, le séchoir dispose d’un stockage vrac de 400 tonnes. Il comprend également deux autres cases pour sécher à plat jusqu’à 1 000 tonnes de matière, qu’il s’agisse de céréales ou de maïs séchés en appoint « à l’aide d’un générateur d’air chaud alimenté avec du bois déchiqueté en provenance de nos exploitations, précise Vincent Barbot. Ce système favorise la réimplantation et la valorisation de haies ». Le modèle est vertueux et offre de nombreuses plus-values aux éleveurs : autonomie protéique et fourrage de qualité, valorisation des excédents de fumier, approvisionnement local, etc. « À noter que les animaux consomment un fourrage hautement qualitatif. Ils sont en meilleure santé, ce qui réduit les frais vétérinaires », conclut le président du SeCoPPA.

Un fonctionnement inspiré
des Cuma

L’organisation du SeCoPPA repose sur deux entités complémentaires : une Cuma qui
gère le matériel et organise la récolte de la luzerne, et une SICA (société d’intérêt collectif agricole) dédiée au séchage, au transport et au stockage.

Ce fonctionnement s’inspire du modèle Cuma, ce qui permet d’investir collectivement dans du matériel mis à disposition du SeCoPPA et des adhérents.

Le capital social est détenu à parts égales par 25 agriculteurs (producteurs de luzerne et consommateurs), engagés pour sept ans. Le chiffre d’affaires et les coûts logistiques sont partagés équitablement et le prix d’achat de la luzerne est indexé sur la valeur protéique.


Un salarié à temps plein assure l’organisation des récoltes, du conditionnement et du déstockage, assisté en période de pointe par un employé d’un groupement d’employeurs du département.