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20/10/2026
AGROÉCOLOGIE ET NUMÉRIQUE
UNE ALLIANCE AU SERVICE DES AGRICULTURES DE DEMAIN
Souvent perçus comme opposés, l’agroécologie et le numérique sont aujourd’hui réunis dans un même programme de recherche (PEPR Agroécologie et Numérique) porté par INRAE et INRIA, financé pour 8 ans par France 2030, en soutien à sa stratégie d’accélération SADEA (Systèmes agricoles durables et équipements agricoles contribuant à la transition écologique). Son ambition : répondre à un défi central pour l’agriculture, produire mieux avec moins d’intrants de synthèse, tout en préservant la biodiversité et les équilibres naturels.
À travers les regards croisés de Jacques Sainte-Marie et Claire Rogel-Gaillard, ce programme illustre une évolution profonde : la technologie et le numérique en agriculture n’ont pas vocation à s’opposer au vivant, mais à lui venir en appui.

Jacques Sainte-Marie (INRIA),
co-directeur du programme

Claire Rogel-Gaillard (INRAE),
co-directrice du programme
Dépasser une opposition de principe
Dans le monde agricole, l’agroécologie renvoie à l’observation du vivant et à l’adaptation aux milieux, tandis que le numérique évoque la technicité et la donnée : une opposition trompeuse.
« Par la modélisation et la simulation, le numérique peut être un levier pour mieux comprendre les systèmes agroécologiques », souligne Jacques Sainte-Marie.
Claire Rogel-Gaillard partage cette analyse, rappelant que l’agroécologie repose sur des interactions multiples (sols, plantes, animaux, climat, biodiversité) difficiles à appréhender sans outils adaptés. Le numérique permet d’en saisir la complexité plutôt que de la simplifier.
Une recherche pensée pour le terrain
Le PEPR s’inscrit dans une logique de long terme : structurer une recherche capable de produire des solutions et outils robustes et utiles aux agriculteurs.
L’objectif n’est pas d’ajouter de la technologie par principe, mais d’acquérir de nouvelles connaissances pour développer des outils adaptés aux besoins.
Au cœur du programme : la modélisation des systèmes agricoles, la diversité des ressources génétiques, les agroéquipements adaptés aux pratiques agroécologiques, les données pour développer des outils d’aide à la décision et à l’anticipation des risques. Grâce à ces approches, il devient possible de simuler des scénarios, d’adapter les pratiques et d’optimiser les interventions en limitant par exemple les intrants.

Un levier pour la transition agroécologique
Le numérique doit accompagner la transition agroécologique. Celle-ci implique de nouvelles connaissances et une capacité d’adaptation permanente. Les outils numériques peuvent faciliter cette évolution, à condition de rester accessibles, compréhensibles et utiles.
Suivi plus fin des cultures, meilleure compréhension des interactions biologiques, adaptation aux conditions locales et aux territoires : autant de leviers pour renforcer la capacité de décision des agriculteurs, sans se substituer à eux.
Lever les freins à l’adoption
L’un des enjeux majeurs est l’adoption. Un outil trop
complexe ou mal adapté restera inutilisé. À l’inverse,
une solution simple, fiable et pertinente pourra s’intégrer durablement dans les pratiques.
« Il faut démontrer la valeur ajoutée sur le terrain », rappelle Jacques Sainte-Marie. Les outils devront donc être conçus avec les agriculteurs, en réponse à leurs besoins réels.
Une innovation responsable
Le programme intègre également une réflexion sur la sobriété numérique. Dans un contexte de transition écologique, le secteur du numérique doit limiter son empreinte environnementale, notamment en optimisant la gestion des données et l’efficacité des modèles.
Vers une agriculture plus précise et résiliente
Au-delà des aspects techniques et avec pour objectif de lever des oppositions caricaturales, le PEPR Agroécologie et Numérique soutient des recherches qui conjuguent le numérique et l’agroécologie comme deux leviers complémentaires. Le premier permet d’analyser et d’anticiper, le second fixe le cap en matière de durabilité.
Le programme a pour ambition de contribuer à une
agriculture plus précise, plus résiliente et plus respectueuse des ressources, où le numérique vient stimuler l’intelligence humaine sans s’y substituer.

