Portrait
30/09/2026
PERFORMANCE MAÎTRISÉE À L’HECTARE PRÈS
LES BLÉS DU MONTREUILLOIS
Agriculteur à Lépine dans le Pas-de-Calais, Antoine Masset produit toutes sortes de cultures : céréales, plants de pommes de terre, colza, betterave sucrière, lin textile, ainsi que des petites carottes et des pois destinés à la conserve pour Bonduelle. Sur ses 380 hectares, il emploie cinq équivalents temps plein (ETP). Son crédo : augmenter le débit de chantier des récoltes, améliorer la gestion des résidus et optimiser la fertilisation, autant de leviers pour gagner en précision et en performance.


Mieux piloter l’agronomie grâce à la précision
En 2023, à l’occasion du renouvellement de sa moissonneuse-batteuse, Antoine Masset choisit de changer de marque et de technologie : il passe d’un modèle à secoueurs à un modèle à rotor afin d’augmenter le débit de chantier. Il investit alors dans une Case IH Axial-Flow 7250 équipée d’une barre de coupe de 8,5 mètres.
« Ces machines étant peu répandues localement, notamment en raison de leur réputation dans des conditions humides, j’ai pu tester pendant deux années une machine en démonstration. J’ai été conquis par ses capacités », explique-t-il.
La proposition du concessionnaire a également été convaincante, l’agriculteur jugeant « le rapport prestation-prix intéressant ».
« Grâce au plus gros débit de chantier de la moissonneuse, nous pouvons arrêter de faucher plus tôt le soir. »

Optimiser le débit de
chantier de la récolte
Bien que la machine soit largement dimensionnée par rapport à la surface à travailler, elle apporte à l’agriculteur plus de souplesse dans l’organisation des récoltes. Elle lui permet de mieux exploiter les créneaux météo, souvent plus courts sur le littoral. L’augmentation du débit de chantier est aussi un atout dans une période où plusieurs travaux se chevauchent.
« Grâce au plus gros débit de chantier de la moissonneuse, nous pouvons arrêter de faucher plus tôt le soir et mobiliser si besoin la main-d’œuvre sur d’autres chantiers comme la récolte des pommes de terre ou des carottes, ou encore la gestion de l’irrigation », indique Antoine Masset.
Finalement, il estime disposer d’une machine, et donc d’un capital, dont le coût de récolte est comparable à celui d’une entreprise de travaux agricoles. Ainsi, il conserve sa liberté d’intervention tout en valorisant son investissement à la revente.

Broyer finement pour favoriser la dégradation des pailles
La première année d’utilisation de sa Case IH Axial-Flow 7250, Antoine Masset a utilisé le broyeur de paille d’origine, mais celui-ci n’a pas permis d’atteindre l’objectif précis qu’il s’était fixé : obtenir une répartition homogène de la paille sur la parcelle afin d’en accélérer la dégradation.
« Plus la paille est finement broyée, moins elle gêne l’implantation des couverts deux à trois semaines après la moisson », précise-t-il. « Dans mon système sans labour, je fissure juste le sol : il est de ce fait essentiel d’avoir une répartition homogène dans toutes les conditions et de couper la paille au plus ras ».
Sur son exploitation, la majorité des cultures à paille (blé, orge et colza) est broyée. Seuls quelques hectares échappent à cette pratique, dans le cadre d’un échange paille-fumier avec un éleveur voisin.
C’est donc dans une logique agronomique qu’il investit en 2024 dans le broyeur Redekop. « La paille est mieux répartie. Ce broyeur est plus stable et plus simple à régler que celui d’origine. Depuis la cabine, en fonction du vent et de l’humidité, on ajuste aisément le répartiteur ».
En passant dans les deux broyeurs, la paille est coupée plus finement grâce aux 40 couteaux du broyeur originel et aux 56 couteaux du Redekop. L’intensité de broyage est facilement réglable : « À ce jour, nous l’avons paramétré au minimum, le broyage étant déjà très fin. Plus l’intensité est élevée, plus le système consomme de la puissance », prévient-il.

« Plus la paille est finement broyée, moins elle gêne l’implantation des couverts »
Tendre vers l’agriculture de précision
En parallèle, Antoine Masset s’intéresse de près à l’agriculture de précision. Lors de la moisson, il exploite des cartes de rendement. « Je vise à collecter les données sur plusieurs récoltes pour détecter des zones particulières et adapter mes pratiques, notamment en matière de fertilisation ».

Sur certaines parcelles, en particulier celles issues du remembrement, il a observé de fortes hétérogénéités. Il espère les corriger en modulant la dose d’apport d’azote avec le système Abelio.
« Depuis cette année, pour les engrais de fond et amendements, j’utilise le système Be Api afin de pratiquer la modulation intraparcellaire », indique-t-il. Ce dispositif repose sur une analyse de sol par hectare, soit 350 analyses au total qui servent de base de référence.
« J’espère ainsi optimiser le coût de la fertilisation en réduisant chaque année les volumes épandus et en apportant la juste dose au bon endroit », souligne-t-il. « Cette approche est particulièrement stratégique pour la culture de la pomme de terre, très sensible aux carences ou aux excès notamment de potasse et de calcium qui agissent sur la qualité de conservation des tubercules ».